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La crise sanitaire à Ghaza s’aggrave

La pénurie de matériel médical et les restrictions aggravent la crise sanitaire à Ghaza, privant des milliers d’enfants amputés de soins et de prothèses adaptées.

Des milliers d’enfants à Ghaza vivent avec des amputations, mais les restrictions sionistes sur les fournitures médicales et les obstacles à l’évacuation privent nombre d’entre eux de prothèses adaptées, d’interventions chirurgicales ou de rééducation, rapporte le site d’information américain Mondoweiss.

  • Quand la croissance des os se heurte à l’absence de prothèses adaptées

Selon ce site, les enfants qui subissent une amputation sont confrontés à un problème médical récurrent : leurs os continuent de se développer, mais leurs prothèses ne grandissent pas avec eux. Lorsque l’os résiduel devient trop long, l’enfant peut avoir besoin d’une intervention chirurgicale corrective avant de pouvoir être équipé d’une nouvelle prothèse.

A Ghaza, où les restrictions ont limité l’accès aux composants et aux matériaux nécessaires à la fabrication et à la réparation des prothèses, il est devenu de plus en plus difficile de se procurer des prothèses de remplacement adaptées. Certains enfants ont dépassé la taille prévue pour leurs prothèses actuelles et ne peuvent pas en obtenir de nouvelles, tandis que d’autres n’ont jamais reçu de prothèse adaptée, déplore ce média.

Le Dr Mohammed Abu Mansi, spécialiste en kinésithérapie et en rééducation à l’hôpital Sheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani de la ville de Ghaza, a expliqué que la croissance osseuse excessive ne signifie pas que chaque enfant doive subir une intervention chirurgicale chaque année. Cependant, dans certains cas, l’os en croissance crée une protubérance qui rend le port d’une prothèse extrêmement douloureux. Des opérations correctives peuvent être réalisées à Ghaza, a précisé Abu Mansi, sous réserve de la disponibilité des blocs opératoires, de l’anesthésie et des soins postopératoires. Les cas plus complexes nécessitent un traitement en dehors du territoire.

  • Le manque de matériaux prive les enfants amputés de prothèses adaptées

Pour les enfants ayant subi une amputation s’étendant jusqu’à la hanche, l’accès aux éléments de fabrication constitue un obstacle majeur. «Avant la guerre, nous posions ce type de prothèse à Ghaza», a déclaré Abu Mansi à Mondoweiss. «Mais aujourd’hui, les matériaux nécessaires à la fabrication d’une prothèse pour une amputation s’étendant jusqu’à la hanche ne sont plus disponibles», a-t-il regretté.

Abu Mansi a averti qu’une dépendance prolongée aux béquilles et aux fauteuils roulants peut entraîner une faiblesse musculaire, des contractures, une mobilité réduite et des modifications de la forme du membre restant à mesure que les enfants grandissent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 5.000 personnes ont perdu un membre sur ce territoire depuis octobre 2023, les enfants représentant un cas sur cinq.

  • 2.277 personnes amputées

Entre septembre 2024 et mai 2026, l’OMS a examiné 2.277 personnes amputées. Seules 502 d’entre elles avaient reçu des prothèses. Les enfants représentaient 18 % des personnes examinées, tandis que 32 % avaient subi une amputation au-dessus du genou. Au total, 225 personnes avaient besoin d’une chirurgie corrective sur leurs membres restants, et seuls huit prothésistes exerçaient dans toute la bande de Ghaza.

En juin, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a indiqué que les autorités avaient rejeté des demandes d’importation de prothèses de main, d’articulations de genou et de cheville, de manchons en silicone et de chaussures médicales spécialisées.

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