
L’adoption de la résolution sur le Sahara occidental par l’ONU constitue une défaite cuisante pour le Maroc, réaffirmant le droit à l’autodétermination.
L’adoption par la quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, à une écrasante majorité, d’un projet de résolution réaffirmant le cadre juridique du Sahara occidental en tant que question de décolonisation, a infligé une « défaite historique » au Maroc. Ce dernier se retrouve désormais face à la seule alternative d’organiser un référendum d’autodétermination, ce qui constitue « un fait diplomatique notable », ont estimé samedi des analystes.
- Une défaite cuisante pour les manœuvres du Makhzen
Dans une déclaration à l’APS, le spécialiste en questions géopolitiques et migratoires, Hassen Kacimi, a indiqué qu’après ce vote, l’Assemblée générale des Nations unies « venait d’infliger une défaite cuisante et historique au Maroc », en confirmant le statut juridique de ce territoire, notamment la résolution de 1963 considérant le Sahara occidental comme un territoire à décoloniser.
Avec 152 voix pour, sept abstentions et deux voix contre, ce résultat « a mis à mal les tentatives du Makhzen visant, depuis plusieurs années, à retirer le Sahara occidental de la liste des territoires relevant de la Commission des Nations unies chargée des questions de décolonisation », a-t-il poursuivi.
- Un vote piégé pour le Maroc
« Le Maroc a voté pour cette résolution, dans une dernière manœuvre mortelle, pour ne pas perdre la face et pour faire croire à son opinion publique nationale que 152 pays l’avaient soutenu. Or, le verdict est tombé et le Maroc a perdu, avec un score sans appel où 152 pays ont voté pour la décolonisation du Sahara occidental », a tenu à expliquer l’analyste.
Il s’est agi, selon Kacimi, d’un vote « qui a piégé le Maroc, se retrouvant dos au mur avec la seule alternative d’organiser un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui ». Il a ajouté : « Pour ne pas paraître comme celui qui est sorti par la petite porte, le Makhzen a lancé sa propagande pour dire que la résolution de la 4ᵉ Commission de l’ONU était une victoire, passant sciemment sous silence le principe de décolonisation du Sahara occidental, consacré par l’ONU. »
« Désormais, sur le plan du droit international, on peut considérer que le plan d’autonomie est définitivement enterré », a-t-il soutenu.
- Le cadre de la décolonisation réaffirmé
Pour sa part, l’expert et conseiller économique Abdelkader Slimani a estimé que l’intérêt du vote de jeudi dernier à l’Assemblée générale « résidait principalement dans l’attitude du Maroc, qui a approuvé une résolution maintenant la question sahraouie dans le cadre onusien de la décolonisation et réaffirmant le principe du droit des peuples à l’autodétermination ».
« En approuvant le texte, le Makhzen a accepté une résolution dont les références à la décolonisation et à l’autodétermination demeurent centrales », a-t-il souligné.




