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IRAN-ÉTATS-UNIS : Les 22 minutes qui ont basculé l’ordre mondial

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  • Les 22 minutes qui ont basculé l’ordre mondial

Par : Salah Lakoues

Le 28 février 2026, une opération militaire conjointe des États-Unis et d’Israël frappe l’Iran, tuant le Guide suprême Ali Khamenei et plus de 750 personnes, dont 150 écolières à Minab. En moins de deux heures, Téhéran riposte massivement contre Israël et les bases américaines au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, devient une poudrière.

Ce conflit n’est pas ce qu’il prétend être. Derrière la rhétorique de la « menace imminente » se cache un double calcul :

Politique intérieure : Trump (élections mi-mandat) et Netanyahou (procès, manifestations) avaient besoin d’une guerre pour ressouder leurs bases respectives.

Stratégique : La cible réelle est la Chine. Frapper l’Iran, fournisseur majeur de pétrole de Pékin, vise à asphyxier économiquement le rival sans l’affronter directement.

Un fondement juridique inexistant

L’intervention viole la Charte des Nations Unies :

Aucun mandat du Conseil de sécurité

La « légitime défense préventive » invoquée est contestée par la majorité des juristes

Les propres services de renseignement américains ont admis qu’il n’y avait aucune preuve de menace imminente

« Le droit international n’est pas un texte sacré. C’est un équilibre construit entre les États. Si les grandes puissances décident qu’elles n’en ont plus besoin, l’équilibre s’effondre. » – Pr Pierre d’Argent (UCLouvain)

Une riposte iranienne foudroyante

En moins de deux heures, l’Iran a frappé :

Israël : salves massives de missiles

Émirats : 137 missiles, 209 drones

Qatar : 65 missiles, 12 drones (base d’Al-Udeid touchée, 8 blessés)

Bahreïn : base de la 5e Flotte endommagée

La vulnérabilité stratégique américaine révélée

Stocks de munitions limités : selon Scott Ritter, les États-Unis n’ont que 5 semaines de capacité de frappe intensive

Porte-avions obsolètes : face aux missiles hypersoniques iraniens, ils ne peuvent plus s’approcher des côtes sans risque de couler

Bases fixes vulnérables : Al-Udeid (Qatar), 5e Flotte (Bahreïn), Al Dhafra (Émirats) ont été touchées

Le piège des monarchies du Golfe

Les États du Golfe sont pris en tenaille :

Ils accueillent des bases américaines sur leur sol

Ils subissent les représailles iraniennes

Ils ne peuvent ni arrêter l’utilisation de leur territoire par Washington, ni riposter sans s’enfoncer dans le conflit

« Les États du Golfe sont pris en tenaille entre l’Iran et Israël, et doivent subir les pires inclinaisons des deux camps. » – Bader al-Saif, Université du Koweït

L’ONU théâtre d’une confrontation historique

La session d’urgence du Conseil de sécurité a opposé :

L’Iran (Iravani) : dénonce une agression, des crimes de guerre, la « trahison de la diplomatie »

Les États-Unis (Waltz) : « Là où l’ONU manque de clarté morale, les États-Unis la maintiendront »

Israël (Danon) : invoque la « nécessité » et la « menace existentielle »

Le Secrétaire général (Guterres) : met en garde contre une escalade incontrôlable

Le silence embarrassé des Européens

Pays Position

Royaume-Uni Soutien prudent, utilisation des bases autorisée

Allemagne « Tolérance surprenante » (Merz)

France Condamnation des représailles iraniennes, silence sur les frappes initiales

Espagne Condamnation ouverte et refus d’utiliser les bases

Ce silence crée un précédent dangereux : l’affaiblissement du droit international par absence de réaction.

L’analyse de Scott Ritter : une guerre que l’Amérique ne peut pas gagner

Échec de la frappe décapitante : l’État iranien avait anticipé et mis en place des mécanismes de continuité

· Erreur sur le soulèvement populaire : le peuple ne s’est pas soulevé contre son gouvernement bombardé

Supériorité militaire iranienne : missiles hypersoniques, drones, capacité à tenir dans la durée

Stratégie de sortie absente : les États-Unis n’ont pas de plan pour « l’après »

« Si la guerre dure cinq semaines, les États-Unis seront à court de munitions. L’Iran n’a qu’à tenir cinq semaines. C’est tout. »

La vision de Douglas Macgregor : l’effondrement programmé d’Israël

L’Iran gagne par l’usure stratégique, pas par des victoires tactiques

Israël pourrait ne pas survivre à cette escalade

Risque nucléaire : un Israël désespéré pourrait brandir la menace atomique

« Je ne vois pas comment cela peut se terminer sans la destruction d’Israël. »

La Russie et la Chine : l’art de la retenue stratégique

Condamnations verbales fermes (Poutine, Wang Yi)

Aucun engagement militaire direct (risque de confrontation nucléaire avec les États-Unis)

Soutien diplomatique : session extraordinaire de l’AIEA, coordination à l’ONU

Calcul stratégique : la priorité russe est l’Ukraine, la priorité chinoise est Taïwan

La prudence n’est pas une faiblesse : elle préserve la capacité à peser sur l’issue finale quand les belligérants seront épuisés.

Le véritable enjeu : la Chine dans le viseur

L’Iran n’est pas la cible finale, mais un champ de bataille dans la guerre économique contre Pékin

La Chine importe l’essentiel de son pétrole ; l’Iran et le Venezuela sont ses fournisseurs

Le détroit d’Ormuz : 20 % du pétrole mondial, point névralgique de l’économie chinoise

Frapper l’Iran, c’est tenter d’asphyxier la Chine à distance

Ce que cette crise révèle

Trois dynamiques simultanées

1. Un conflit militaire à haut risque régional : personne ne contrôle plus l’escalade

2. Une crise de légitimité du droit international : la règle de droit recule face à la loi du plus fort

3. Une accélération de la transition multipolaire : fin de l’unilatéralisme américain, émergence de nouveaux pôles

La vulnérabilité des petits États .

· Ils ne peuvent pas imposer leur puissance militaire

· Ils dépendent du multilatéralisme et d’un ordre international stable

· Quand les grandes puissances s’affranchissent des règles, ce sont les petits États qui perdent le plus

« Un petit État comme la Belgique ne peut pas imposer sa puissance militaire. Il dépend du multilatéralisme. Il vit d’un ordre international stable et prévisible. »

La question fondamentale

« Quel type d’ordre international voulons-nous voir émerger ? »

Un ordre fondé sur des règles, même imparfaites, que tous s’engagent à respecter ?

Ou un ordre fondé sur le rapport de forces, où seuls les plus forts ont voix au chapitre ?

Dimension Ce qui s’est passé Ce que ça révèle

Juridique Frappes sans mandat ONU, « légitime défense préventive » invoquée sans preuve Affaiblissement du droit international, normalisation de l’exception

Politique Calculs électoraux de Trump et Netanyahou La guerre comme outil de politique intérieure

Militaire Riposte iranienne massive, vulnérabilité des bases américaines Fin de la supériorité technologique absolue des États-Unis

Diplomatique Silence relatif des Européens, condamnation ferme de la Russie et la Chine Fracture du monde, émergence d’un axe alternatif

Économique Menace sur le détroit d’Ormuz, flambée des prix du pétrole

L’énergie comme arme stratégique

La Chine, cible réelle Guerre par procuration entre grandes puissances

Le 28 février 2026, la communauté internationale a collectivement – et silencieusement – accepté que les règles qui la régissaient depuis 1945 pouvaient être ignorées quand elles gênaient.

Le droit international n’est pas mort ce jour-là. Mais il a reçu un coup dont il aura du mal à se relever.

La question qui se pose désormais à chaque État est simple : que sommes-nous prêts à faire pour préserver l’idée d’un monde régi par des règles communes ?

Rester silencieux, par peur ou par calcul, est une option. Mais c’est une option qui a un prix : celui de laisser les autres décider du monde dans lequel nous vivrons.

L’histoire jugera les belligérants. Mais elle jugera aussi les spectateurs.

S. L

 

 

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