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Evolution des politiques agricoles et rurales, en Algérie : Des alternatives pour la sécurité alimentaire
 
 
Mise à jour : 08-04-2021
 

Par Mohamed KHIATI

Et disons-le d'emblée et sans précaution oratoire aucune : c'est parce que l'Algérie fût historiquement le grenier de Rome, dit-on, qu’elle devra être, aujourd'hui, notre véritable grenier, dans la mesure où nos potentialités voire nos capacités sont plurielles, tant humaines que matérielles. Elles offrent pleines d'opportunités de développement, c'est dire que nous devons faire de l'agriculture, une  priorité incontournable, selon une logique durable.
 
Ces politiques ne possédaient pas outre mesure, la composante critique qui peut aborder le problème de la stabilité de la production. Dans de telles conditions, tout gain important de production sera opportuniste et éphémère, pense-t-on. 
Le réalisme de ces politiques a été douteux, quand le coefficient d'autosuffisance global était d'environ 20 %t. Elles ont constitués toutefois, une entrave au développement des produits destinés à substituer les importations ou les exportations, là où l'Algérie pourrait avoir un avantage comparatif. L'amélioration de l'efficacité économique de la production ne semblait pas être un objectif de la politique agricole. Les produits intrants recevaient des subventions implicites et/ou explicites, et les distorsions qui en résultaient étaient aggravées par les inefficacités de la commercialisation et de la distribution, en raison de la prédominance des EP et des contrôles des prix et des marges, et enfin, des subventions à la consommation.
Les objectifs d'équité prédominaient et l'élément principal utilisé à cet effet, était la péréquation par laquelle le transport et les coûts de manutention, ou les marges et les prix, étaient égalisés dans l'ensemble du pays. Cette situation entravait l'intervention du secteur privé dans ces marchés, empêchait l'arbitrage spatial ou temporel, provoquait l'engorgement des livraisons des récoltes, et aboutissait à une provision inefficace des apports, qui manquait d'incitations de prix pour faire la différence avec les marchés basés sur des coûts réels. L'objectif de la politique de fournir la nourriture à bas prix aux consommateurs a un impact négatif sur l'agriculture. Les contrôles des prix et des marges pour atteindre ces objectifs, ainsi que l'utilisation des entreprises publiques pour exécuter ces mesures, servaient en fait de barrières de pénétration du secteur privé, et excluaient son intervention dans ces marchés. Le fait de cibler des groupes vulnérables pour améliorer leur bien- être se justifie, mais la subvention de tous les consommateurs ne se justifie pas.
Dans certains cas, les effets des politiques impliquaient des résultats qui étaient, dans leur essence, des transferts de revenu à l'agriculture. Cependant, étant donné que les ressources destinées à ces fins limitées, les objectifs ne pouvaient pas être atteints d'une manière globale. L'utilisation des prix et des taux d'intérêts pour atteindre des objectifs de revenu et d'équité, a abouti à des distorsions du marché qui affectaient l'efficacité. Alors que les politiques des revenus pouvaient se justifier et la compensation directe comporterait moins de distorsions.
Les préoccupations liées aux objectifs de l'emploi étaient compromises par des politiques qui encourageaient l'utilisation de technologies de forte intensité en capital. A ce sujet, des études prospectives étaient  nécessaires pour évaluer la possible existence de marchés segmentés de la main-d'œuvre et d'une structure adéquate en raison de la prédominance des entreprises publiques, dans ces régions.
La conservation de la base des ressources naturelles, en tant qu'objectif, devrait être soutenue par un ensemble de politiques cohérentes. Les efforts défensifs limités en termes de protection agro- écologique, sont battus en brèche par des politiques de prix qui encourageaient l'expansion de la production dans des zones marginales et écologiquement fragiles.
La confusion apparente entre objectifs de politique et instruments de politique reflétait: (a) Les difficultés de passer d'un secteur socialiste, planifié, à un secteur tourné vers le marché et dominé par les agriculteurs privés ; (b) L'attitude paternaliste et bienveillante des décideurs et administrateurs de la politique agricole, aggravée par les développements politiques récents, et le souci de fournir la nourriture à bas prix aux consommateurs, et (c) Le besoin de développer des compétences en analyse des politiques dans l'administration publique pour l'agriculture.
Par ailleurs, dans le sillage des réformes monétaires internationales, des réformes importantes ont été entreprises et qui consistaient en l'abolition des restrictions quantitative à l'importation des biens et services, le démantèlement des procédures administratives d'allocation des devises étrangères, la libéralisation des prix et réduction des subventions, la dévaluation du dinar, le passage progressif à un régime de change flexible. Le PAS (1995-1997) ayant touché plusieurs secteurs dont l'agriculture, a permis de poursuivre et approfondir les efforts déjà engagés. 
L'ensemble de ces réformes, de première et seconde génération ont été, à notre sens, le point de départ de l'élaboration progressive de nouvelles politiques agricole et rurales visant notamment la réhabilitation de la dimension économique de l'acte agricole et la relance de l'investissement pour la modernisation des exploitations agricoles et leur mise à niveau dans la perspective de l'ouverture du marché national, ainsi que la promotion du milieu rural 
 
"Les Réformes de troisième génération 
PNDA-PNDAR (2000/2008)
En 2000, l'État a procédé au lancement d'un ambitieux programme de relance baptisé " Plan national de développement agricole " élargi, en 2002, à la dimension rurale et fut alors nommé Plan national de développement agricole et rural (PNDAR), de 2002 à 2008. La dimension  rurale,  a été conçue comme une stratégie opérationnelle de réponse globale et cohérente aux principaux défis et contraintes naturelles, techniques, organisationnelles et institutionnelles à l'origine de la fragilisation des bases de la sécurité alimentaire du pays, de la dégradation des ressources naturelles et de la menace sur la paix sociale en milieu agricole rural.
Ce plan a privilégié une démarche pragmatique qui devra assurer les synergies entre les exploitations agricoles, en tant qu'unités économiques de base, les pouvoirs publics, les investisseurs et autres acteurs économiques, dans le respect des vocations et spécificités des écosystèmes et espaces ruraux. Il prend en charge notamment les orientations visant la promotion du secteur agricole comme facteur d'équilibre économique et social du pays dans un contexte national en mutation profonde et rapide et met en œuvre des démarches opérationnelles.
Ces démarches tendent à : i) assurer une meilleure utilisation et valorisation des potentialités naturelles (sol et eau et moyens ; ii) assurer la préservation des ressources naturelles pour un développement durable ; iii) intensifier la production agricole dans les zones favorables et sa diversification dans le cadre de l'amélioration de la sécurité alimentaire nationale ; iv) adapter les systèmes de production aux conditions des milieux physiques et climatiques des différentes régions du pays; v) promouvoir les exportations de produits agricoles jouissant d'avantages comparatifs avérés notamment les produits de l'agriculture dite biologique; vi) promouvoir l'emploi au regard des potentialités existantes et de leur valorisation ; vii) étendre la surface agricole utile par la mise en valeur des terres agricoles; viii) améliorer les revenus des populations agricoles et; ix), réhabiliter les vocations naturelles des différentes régions du pays.
Pour ce faire, des programmes spécifiques et complémentaires prenant en compte les contraintes agro-climatiques notamment l'aridité du climat ont été mis en œuvre dont notamment: 
"Le programme de développement des productions agricoles englobant aussi bien les produits de large consommation que les produits à avantages comparatifs, destinés à l'exportation; 
"Le programme d'adaptation des systèmes de production qui constitue une tentative de " gestion active " de la sécheresse dans le cadre d'une démarche spécifique ; 
"Le plan national de reboisement, ayant pour objectifs la restauration de zones forestières menacées, l'amélioration du taux de boisement au nord du pays, en privilégiant les boisements utiles et économiques ; 
"Le programme de développement des zones de parcours, la protection de l'écosystème pastoral, l'amélioration de l'offre fourragère, la valorisation du cheptel et les revenus des populations locales
"Le programme de mise en valeur des terres par le biais de la concession en vue d'étendre la SAU et procurer de l'emploi et des revenus aux populations bénéficiaires. Les effets de cette redynamisation ont été marqués par un processus d'intensification de la production, une extension des surfaces cultivées (production fourragère, vignoble, vergers et maraîchage) et un taux de croissance de la production agricole, estimé supérieur à celui du reste de l'économie, ainsi qu'une relative stabilisation du niveau des importations agricoles. Cette croissance a aussi été rendue possible grâce à la viabilité de la demande intérieure induite par l'amélioration du pouvoir d'achat de la population.
Les activités et les initiatives prises dans le cadre du PNDAR ont été conçues pour être en cohérence avec le concept de développement durable. Elles devaient donc être économiquement rentables, socialement acceptables et écologiquement durables. 
Il est à rappeler qu'en 2002, le Ministère de l'agriculture et de la pêche (MAP) est devenu Ministère de l'Agriculture et du développement rural (MADR) et un Ministre Délégué du développement rural (MDDR) fut nommé, lequel a procédé à l'élaboration de la stratégie de développement rural durable en 2004, qui visait à induire la revitalisation des espaces ruraux par le biais d'activités économiques et la valorisation des ressources naturelles et humaines, tout en tenant compte de la diversité des situations et des atouts et potentialités propres à chaque territoire. 
Ces initiatives avaient également pour objectif l'instauration de nouvelles relations entre les acteurs publics et privés avec pour but d'encourager la participation et la responsabilisation élargies des populations et des services décentralisés.
La mise en œuvre de cette stratégie a consisté en premier lieu, à faire évoluer les approches multisectorielles vers une vision intégrée des programmes destinés au milieu rural tout en associant plus intensément les populations bénéficiaires et leurs représentants dans les différentes étapes d'identification, de conception, de mise en œuvre et de suivi de ces programmes. 
Elle s'est attelée par ailleurs, à rassembler et à harmoniser un ensemble de moyens et de procédures existants en les adaptant et en les articulant au sein d'une réflexion axée sur le développement rural. 
Les principaux instruments développés et mis en œuvre sont : (i) les Projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI) dont les modalités d'identification et de conception s'appuient sur une approche ascendante, participative, intégrée et territoriale ; (ii) la décentralisation administrative et la coordination des activités de développement rural au niveau wilaya et de l'Assemblée populaire de wilaya à travers une structure formellement établie. 
 
"Mise en cohérence des politiques agricoles et rurales (Renouveau agricole et rural (2008/2014)
En juin 2008, on assista à la suppression du poste du Ministre Délégué au Développement Rural et la fusion de ses missions au Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural pour asseoir les bases d'une mise en cohérence des politiques de développement agricole et rural, traduisant l'harmonisation de leurs modalités d'exécution et la synergie de leur mise en œuvre. Ceci a par ailleurs été conforté par : i) l'adoption de la loi d'orientation agricole n° 08-16 du 3 août 2008 qui définit les " axes de développement durable de l'agriculture et du monde rural en général ".
  (*) Mohamed KHIATI,  
Agronome post-universitaire. 
Khiame61@yahoo.fr
(A suivre...)
 
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