Mardi 15-06-2021
Rechercher un article
   
   
 
Qui sommes-nous? Abonnement Archives Publicité Contactez-nous
 
Nation  
 
 
 
Boualem Aliouat : « La ZLECA aura des effets bénéfiques sur l’intégration intracontinentale des marchés africains »
 
 
Mise à jour : 14-06-2021
 

Par : Med Wali

La zone de libre-échange Africaine vise à créer un marché unique pour les marchandises et les services facilité par la circulation des personnes afin d'approfondir l'intégration économique du continent africain et conformément à la vision panafricaine d'une Afrique intégrée, prospère et pacifique. Il s'agit à travers de cet accord de créer un marché libéralisé pour les marchandises et services à travers des cycles successifs de négociations, de contribuer à la circulation des capitaux et des personnes physiques et faciliter les investissements en s'appuyant sur les initiatives et les développements dans les Etats parties.

Dans un entretien accordé au site d’information « Algérie Eco », le professeur des universités, Université Côte d’Azur, Boualem Aliouat, a abordé plusieurs sujets, parmi eux la ZLECA. Interrogé sur l’impact de l’initiative sur l’économie africaine, professeur Aliouat dira que la zone de libre-échange continentale africaine a mis un peu de temps à aboutir, et ce n’est que fin 2020 qu’elle a enfin obtenu le fameux tour de table des nations africaines, même si sur les 54 pays signataires, 18 n’ont toujours pas ratifié cet accord. Ce n’est pas que certains pays africains étaient réticents. Je dirai plutôt que les derniers pays qui y ont adhéré demeuraient dans le questionnement à propos de son efficacité sur 5 ou 10 ans selon le niveau de développement des pays adhérents. 

A mon sens, cet accord de libre-échange aura des effets bénéfiques sur l’intégration intracontinentale des marchés africains et réduira les coûts de transaction et logistique au sein de l’Afrique, mais il aura aussi deux effets pervers qui risquent de remettre en cause cet accord à moyen ou long terme.

Les effets bénéfiques sont attendus sur les coûts logistiques et déjà de grands projets routiers et portuaires sont à l’œuvre, notamment entre le nord et l’Afrique de l’Ouest. Le rapprochement des pays se fait sentir déjà mais des tensions persistent en raison des systèmes juridiques et fiscaux différenciés depuis quelques années. Les régimes fiscaux transfrontaliers sont très différents entre le Bénin et la Côte d’Ivoire, en la défaveur des citoyens ivoiriens. Il faudra donc davantage d’harmonisation juridique au sein de la CEDEAO, de l’Union africaine, de la zone tripartite de libre-échange avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union du Maghreb arabe et de la Communauté des États sahélo-sahariens. 

Les effets pervers que j’évoquais concerne deux points à ne pas négliger : (1) cet accord risque d’engendrer des phénomènes de mimétismes amenant, c’est déjà le cas, les pays à produire des biens identiques, s’auto-concurrençant négativement sur des opportunités de marché. Ces synergies négatives annulent les avantages que ces pays pourraient retirer du libre-échange par les pertes de compétitivité liées à l’anéantissement de leur spécificité ou leur singularité. Il est donc indispensable que les Etats africains concernés par ce libre-échange instaurent des politiques communes de diversification de leurs économies, se lancent dans des politiques actives d’installation d’infrastructures logistiques communes et de structures de transformation complémentaires de biens, tout en faisant jouer des synergies positives entre leurs économies. Sans ces efforts en matières de chaînes de valeurs et de facilités essentielles, y compris en matière bancaires et financières, le libre-échange deviendra source d’effritement et de fragilisation des économies locales ou sous régionales. (2) l’autre effet pervers est, par conséquent, que cette ouverture des marchés ne profite finalement et surtout qu’aux multinationales étrangères déjà bien implantées dans ces pays. L’accord de libre-échange salué par les européens ou les autres continents ne seraient alors qu’un instrument de facilitation de leurs stratégies de globalisation au sein du continent africain.

M.W.

 
Imprimer Envoyer cet article
 
 
Lire aussi les articles de la même rubrique:
 
Don de sang : Un geste vital
 
L'Algérie célébrera, dès ce lundi 13 juin, la Journée mondiale des donneurs de sang. Placée sous le slogan : " Donnez votre sang ...
Voir détail
   
Pharmaceutique: 93 millions USD/an d'économies attendus grâce à la production locale
 
Un montant de plus de 93 millions de dollars/an doit être économisé par l'Algérie, grâce au passage à la production locale de 37 produits ...
Voir détail
   
 
 
Ali Mebroukine, spécialiste en droit des affaires : "La croissance va repartir en 2022"
Logements AADL: derniers préparatifs en prévision d'une opération d'envergure de distribution le 5 juillet prochain
Covid-19 : Un responsable de l'EMA suggère d'abandonner le vaccin AstraZeneca
Les défis du futur gouvernement algérien face aux turbulences géostratégiques et aux tensions socio-économiques
Selon des scientifiques : Masque et distanciation physique ont pu affaiblir le système immunitaire des enfants
 
 
 
Logements AADL: derniers préparatifs en ...

La direction générale de l'Agence nationale de l'amélioration et du développement du logement (AADL) a tenu une réunion de coordination pour ...

   
  Lire la suite
 
 
Les élections législatives couronnées de succès, en toute ...
 
Le succès de ces élections démontre la foi et les attentes que le peuple place dans l'avenir du pays et des ses ...
 
 
 
 
 
   
   
  Edition en PDF
   
    Les rubriques
  Nation
  Regions
  Energie
  Reportage
  Culturelle
  Finance
  Focus
  Emploi
  Agriculture
  Multimedia
  Post Scriptum
  Conjoncture
  Zoom
  Internationnal
  Tendances et marches
  Maghreb
  Sport
  Afrique
   Débats
  Idees
  Analyses
  Contribution
  Documents
  
 
 
 
 
 
 
votant(s)| Oui: , Non:
 
 Oui Non
 
ENERGIE
Brent Londres 49,020   $/baril
WTI New York 42,250   $/baril
 
Devise Achat Vente
Dollar 113.4969 113.5119
Euro 132.7914 132.8657
Livre 150.6463 150.6862
Yen (100) 100.3332 100.3908
SAR 30.2626 30.2690
KWD 375.3204 375.7428
AED 30.8953 30.9078
 
 
 
SARL MPE
Maison de la presse Safir Abdelkader
Kouba, Alger Algerie
Administration :TEL+213 023 70 94 94
Rédaction        :TEL+213 023 70 94 61
                         TEL+21321 23 44 54
                   
  Qui sommes-nous? Abonnement Archives Publicité Contactez nous