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Guerre en Ukraine Klarsfeld redoute que la position de l'UE puisse générer "un conflit généralisé"
 
 
Mise à jour : 26-01-2023
 
L'avocat franco-israélien Arno Klarsfeld a lancé une pétition pour s'opposer à la perspective d'une troisième Guerre mondiale. Il reproche notamment à l'Union européenne de ne pas "rechercher un compromis dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine". 
 
Arno Klarsfeld, ancien conseiller d'Etat sous Nicolas Sarkozy, a mis en ligne le 24 janvier une pétition intitulée "Non à une 3ème guerre mondiale pour le Donbass". Dans la foulée d'annonces occidentales portant sur l'envoi de chars de combats à destination de Kiev, l'avocat franco-israélien y dénonce le rôle de l'Union européenne dans la guerre en Ukraine. "Les peuples ont soutenu l'Union européenne parce qu'ils pensaient que cette union était garante de paix. Pourtant cette union semble nous entraîner dans un conflit généralisé qui dévasterait à nouveau le continent européen sans même rechercher un compromis dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine, qui n'est pas membre de l'OTAN, sans consulter les peuples de l'Union. Nous nous y opposons", a-t-il écrit pour expliquer son initiative. Deux décennies après avoir figuré au premier rang des plus fervents promoteurs de l'intervention militaire américaine en Irak, Arno Klarsfeld s'exprime depuis plusieurs mois contre l'implication de plusieurs chancelleries occidentales dans le conflit russo-ukrainien, redoutant que les livraisons répétées d'armement à destination de Kiev ne débouchent sur un conflit plus large. "Les deux régimes, Kiev et Moscou, sont aussi éloignés de nos valeurs l'un que l'autre. Ils se battent fanatiquement pour le Donbass qu'ils pourraient se partager. Ce n'est pas notre guerre. Nous devons les aider plutôt à trouver un compromis plutôt que de risquer une [troisième] guerre mondiale", a encore tweeté ce 25 janvier le petit-fils de déporté. Alors que Kiev exhorte régulièrement ses alliés à intensifier leur soutien financier et militaire à son endroit, la Russie a de son côté mis en garde à de multiples reprises contre la participation de l'Occident à l'effort de guerre ukrainien, reprochant aux chancelleries concernées de jouer un "rôle destructeur" dans le conflit. La porte-parole de la diplomatie russe a récemment qualifié de "décision provocatrice" l'annonce d'une livraison française de blindés à Kiev.
 
Le Kremlin met en garde contre l'envoi de chars allemands à l'Ukraine
Le porte-parole de la présidence russe a estimé ce 24 janvier que des livraisons de chars Leopard 2 aux forces ukrainiennes laisseraient "inévitablement leur marque sur les relations futures" entre Moscou et Berlin. Des chars Leopard 2 bientôt en Ukraine ? Ce 24 janvier, Boris Pistorius, le tout nouveau ministre allemand de la Défense, lors d'une conférence de presse aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, a annoncé que les pays partenaires disposant de tels blindés pouvaient débuter la formation de soldats ukrainiens à leur maniement. "Comme je l'ai souligné à Ramstein, j'ai expressément encouragé les pays partenaires qui disposent de chars Leopard prêts à être déployés à commencer à former les forces ukrainiennes sur ces blindés", a ainsi déclaré le ministre allemand. Celui-ci a précisé que la "situation n'avait pas changé" concernant la "question des chars Leopard" et qu'il s'attendait toujours à ce que Berlin rende "prochainement" sa décision quant aux demandes de réexportation vers l'Ukraine des Leopard 2 acquis par d'autres pays.
Des déclarations sur lesquelles est revenu le porte-parole du Kremlin, interrogé par la presse sur l'évolution des relations germano-russes en cas d'approbation d'une telle livraison d'armes à l'Ukraine. "Les relations sont déjà au plus bas, il n'y a pas de dialogue substantiel avec l'Allemagne ou avec d'autres pays de l'UE et de l'OTAN en ce moment", a déclaré Dimitri Peskov. Avant de poursuivre : "Disons qu'il est certain que de tels approvisionnements ne sont pas de bon augure pour l'avenir des relations. Ils laisseront inévitablement leur marque sur les relations futures."
 
Chars lourds : Scholz sous pression, de toutes parts 
Plus tôt dans la matinée, le ministre polonais de la Défense avait annoncé sur Twitter que Varsovie avait officiellement demandé à Berlin de l'autoriser à réexporter ses Leopard 2 vers l'Ukraine. Dans un entretien publié le 22 janvier, le chef du gouvernement polonais avait averti qu'il était prêt à se passer de tout feu vert allemand pour livrer ces chars à l'Ukraine. Le même jour, la ministre allemande des affaires étrangères Annalena Baerbock déclarait à la télévision française que son pays ne "s'opposerait pas" à une demande polonaise de livrer des Leopard 2 à Kiev. Celle-ci assurait alors que pour l'heure la Pologne n'en avait pas fait la demande officielle. Toujours le 22 janvier, Emmanuel Macron déclarait lors d'une conférence de presse commune avec Olaf Scholz que "rien n'est exclu" concernant l'envoi de chars Leclerc en Ukraine, mais que cela "s'apprécie collectivement."
De la presse américaine jusqu'au sein même de sa coalition qui regroupe des sociaux-démocrates, des Verts et des libéraux, le chancelier allemand est sous pression pour qu'il autorise l'envoi de chars à l'Ukraine. Une pression qui a redoublé après l'annonce de l'Elysée, le 4 janvier, de l'envoi de chars légers AMX-10 RC. Cet envoi de blindés offensifs, de conception occidentale, a constitué une première depuis le début de l'opération russe. Dans la foulée de cette annonce française, Politico avait avancé que Paris ferait pression, aux côtés de Varsovie, sur Berlin pour livrer à Kiev les fameux Leopard 2.
 
Scholz reste indécis sur la livraison de chars Leopard 
De manière plus évasive, Olaf Scholz, soumis à une forte pression pour fournir à Kiev des chars Leopard, a déclaré que "la manière dont nous avons agi par le passé est toujours étroitement coordonnée avec nos amis et alliés et nous continuerons à agir en fonction de la situation concrète". Le débat ne semble pas encore tranché à Berlin, malgré l'insistance de la ministre des Affaires étrangères, l'écologiste Annalena Baerbock : "Si on nous posait la question, nous ne nous opposerions pas", a-t-elle déclaré le 22 janvier, interrogée sur le fait de savoir si l'Allemagne était prête à autoriser la Pologne à livrer à Kiev ces chars de fabrication allemande. "La décision [...] dépend de beaucoup de facteurs et est prise à la chancellerie", a temporisé le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, dans un entretien à la télévision allemande ARD, diffusé peu de temps après l'interview de la chef de la diplomatie. Le chancelier devra se prononcer rapidement sur ce point, alors que la Pologne a demandé à Berlin son accord pour la livraison de ces chars à l'Ukraine le 23 janvier. Début janvier, Emmanuel Macron avait fait part de son souhait d'"amplifier" l'aide militaire française à Kiev "en acceptant de livrer des chars de combat légers AMX-10 RC". "C'est la première fois que des chars de conception occidentale sont fournis aux forces armées ukrainiennes", avait-t-il assuré à l'issue d'un entretien téléphonique avec Volodymyr Zelensky le 4 janvier. Le Kremlin a dénoncé à de multiples reprises ces livraisons militaires à destination de Kiev, reprochant aux pays occidentaux concernés de jouer un "rôle destructeur" dans le conflit. La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova avait qualifié de "décision provocatrice" l'annonce d'une livraison française de blindés à Kiev.
 
Macron n'exclut pas de livrer des chars Leclerc à Kiev
Au cours d'une conférence de presse avec le chancelier allemand, le président français a laissé la porte ouverte à l'envoi de blindés en y posant plusieurs conditions, dont celle de ne pas encourager à donner un caractère "escalatoire" au conflit. L'option d'envoyer des chars à l'Ukraine, qui les réclame avec insistance, reste ouverte, selon Emmanuel Macron. "Pour ce qui est des Leclerc, j'ai demandé au ministre des Armées d'y travailler. Rien n'est exclu et cela s'apprécie collectivement", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue le 22 janvier avec le chancelier allemand Olaf Scholz, à l'occasion du soixantième anniversaire du traité de l'Elysée signé entre Berlin et Paris. Alors que le Royaume-Uni a déjà décidé de franchir le pas de l'envoi de blindés à Kiev, ce qui n'a guère semblé inquiéter Moscou, le chef d'Etat français a listé les conditions nécessaires, à ses yeux, afin que des chars Leclerc soient livrés à l'Ukraine. "D'une part, comme on l'a toujours fait depuis le début : que ce ne soit pas escalatoire", a d'abord avancé Emmanuel Macron en recourant à un néologisme. "Nous avons toujours eu cette ligne", a-t-il affirmé, jugeant que la France ne participait pas, malgré ses multiples livraisons d'armes, à l'escalade du conflit, alors que la Russie lui a reproché à plusieurs reprises ces fournitures d'armements, risquant selon Moscou de prolonger le conflit. "La deuxième c'est que ça puisse apporter un soutien réel et efficace à nos amis ukrainiens. Et pour ça, il faut prendre la réalité des capacités, le maintien en condition opérationnelle et les délais de formation", a ajouté le chef de l'Etat. Le dernier critère avancé par Emmanuel Macron consiste, pour la France comme pour ses alliés, "de ne pas affaiblir les capacités propres de défense", une condition qui fait écho aux réserves qui se sont exprimées quant au risque de voir les arsenaux français trop dégarnis, qu'il s'agisse des blindés ou des canons Caesar. D'après Emmanuel Macron, ces critères doivent être appréciés "de manière collective avec nos principaux alliés, dont l'Allemagne évidemment", le travail sur le sujet devant se poursuivre "dans les jours et les semaines à venir".
 
Critiques à droite 
Les propos du président de la République ont suscité de vives réactions à droite : le souverainiste Philippe de Villiers a condamné "une folie" risquant précisément "d'affaiblir notre capacité de défense", tout en faisant "monter d'un cran l'escalade". "Tout cela ressemble à 1914", a-t-il comparé, fustigeant l'"inculture crasse de nos chefs irresponsables". Le leader des Patriotes Florian Philippot a utilisé le même terme de "folie" à propos de l'annonce d'Emmanuel Macron, estimant que l'armée française finira par être "mise à l'os" à force de fournir des armements, tandis que ce nouvel engagement de Paris représente selon lui "une très dangereuse escalade vers la 3e guerre mondiale". "La France doit agir pour la Paix, et non la guerre des faucons américains !", a-t-il lancé. Interrogée sur les propos du chef de l'Etat sur BFM TV, la présidente du groupe du Rassemblement national à l'Assemblée, Marine Le Pen s'est de la même façon opposée à ces livraisons. " Est-ce que tout ça ne va pas aggraver cette guerre ?", s'est-t-elle interrogée, évoquant elle aussi le danger d'une internationalisation du conflit, "un risque majeur" à ses yeux. De plus, la fourniture d'armes lourdes à Kiev fait s'éloigner la perspective d'une "solution négociée de paix", selon l'ancienne candidate à la présidentielle.
 
 
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